Mère de 40 ans et propriétaire d’une entreprise, Susan Rodrigues faisait de l’exercice et courait régulièrement. Ses journées étaient habituellement bien remplies entre ses réunions, ses déplacements et ses responsabilités envers son fils. Elle faisait souvent des randonnées le matin tout en gérant des téléconférences pour 12 clients. Bref, elle devait s’occuper de son entreprise et de sa maison. Ce rythme frénétique, combiné aux antécédents familiaux de cardiopathie, a failli lui être fatal. Susan a eu une crise cardiaque alors qu’elle faisait la file dans une banque de Victoriaville, où elle résidait, lorsque l’accident s’est produit.

Susan se souvient des symptômes ressentis pendant la crise cardiaque. « J’étais couverte de sueur, dit-elle. J’avais la nausée et des sueurs froides. J’avais terriblement mal à la mâchoire et à l’oreille. J’avais l’impression d’avoir un tournevis dans l’oreille. J’ai réussi à faire mon dépôt, je ne sais trop comment, et j’ai failli m’évanouir en quittant la banque. J’ai réussi à traverser la rue pour m’asseoir sur un banc. Je ne me sentais pas bien du tout.

« J’ai appelé mon mari et je lui ai dit qu’il devait venir me chercher. J’avais de la difficulté à tenir mon téléphone parce que mon bras était complètement engourdi. À mon arrivée à l’hôpital, j’ai manqué m’écrouler. Une infirmière m’a regardée et s’est vite rendu compte que quelqu’un devait immédiatement s’occuper de moi. »

Pourtant, ce n’est que trois jours plus tard que l’équipe médicale a confirmé que Susan avait eu une crise cardiaque. Diagnostiquer les maladies du cœur chez les femmes est parfois difficile. On avait d’abord cru que Susan souffrait simplement de stress.

« J’étais une femme et, qui plus est, j’étais une jeune femme. Ils croyaient donc qu’il s’agissait d’une crise de panique. Habituellement, si vous présentez ces symptômes et que vous vivez avec une maladie du cœur héréditaire, on vous envoie immédiatement à l’urgence pour subir une angioplastie et une angiographie. »

Susan a attendu trois jours.

« Mes artères secondaires étaient bloquées à trois endroits. Je suis rentrée à la maison avec une endoprothèse, et tout le monde a été choqué. Personne ne voulait vraiment croire que j’avais eu une crise cardiaque parce que j’étais une jeune femme. »

Tout a changé pour Susan lorsqu’elle a déménagé à Montréal et qu’elle s’est adressée au Centre universitaire de santé McGill (CUSM) pour obtenir des soins. C’est là qu’elle a rencontré l’infirmière Wendy Wray et qu’elle est devenue patiente de sa clinique du Programme pour la santé cardiaque des femmes (WHHI), où le traitement semblait enfin répondre à ses besoins.

Créé en mai 2009 au CUSM, le PSCF a pour mission de sensibiliser la population aux maladies du cœur et d’en faire la prévention et le traitement. C’est la première clinique de prévention des maladies du cœur gérée par des infirmières qui se concentre sur l’adoption et le maintien d’un style de vie sain pour diminuer le risque d’une maladie du cœur au Canada. Plus de 900 Montréalaises ont bénéficié de ce modèle de prévention novateur entièrement financé par de généreux donateurs.

« Trop de femmes croient que le cancer du sein est la plus grande menace pour leur santé, alors que ce sont les maladies du cœur, dit Wendy. Elles ne portent pas vraiment attention aux symptômes des maladies du cœur comme une douleur à la poitrine, une respiration courte ou une fatigue extrême. Elles peuvent ignorer ou minimiser ces symptômes, retardant le moment où elles obtiendront de l’aide médicale, ce qui pourrait les mettre en danger. »

Wendy rêve du jour où des programmes similaires au PSCF seront offerts et accessibles pour les femmes d’un océan à l’autre, dans des communautés et des cliniques variées.

L’infirmière Wendy Wray (centre) et Susan Rodrigues avec l’équipe évenementielle de la Fondation du CUSM à notre soirée Place aux bénévoles tenue le 30 janvier 2019.

Susan est devenue ambassadrice du PSCF. Elle veut éduquer d’autres femmes et les inciter à prendre en main leur santé par une bonne alimentation et une activité physique régulière. Elle suit la règle du 80/20, soit 80 pour cent d’aliments sains et 20 pour cent de gourmandises. Elle fait aussi beaucoup d’exercices, mais de façon pratique, en modifiant son style de vie. Elle n’a plus de voiture et elle marche chaque fois que cela est possible.

Pour le moment, Susan est incapable de travailler plus de 25 heures par semaine et elle doit trouver le temps de faire une sieste pendant l’après-midi. Elle pratique la méditation et s’efforce de garder les choses en perspective, sans se fixer d’échéances inutiles qui pourraient la rendre nerveuse.

Le mariage de Susan n’a pas survécu à sa maladie cardiaque, mais elle garde des liens étroits avec son ex-mari et ils ont tous deux accordé la priorité à l’éducation de leur fils, qui est maintenant au secondaire.

Même si Susan est parfois nostalgique de la femme qu’elle était, avant la crise cardiaque, elle a appris à apprécier les changements positifs que sa condition a apportés dans sa vie.

« La vie est remplie de belles choses, comme mon équilibre. Ma relation avec mon fils est merveilleuse, de même qu’avec mon ex-mari. Je me connais mieux qu’avant. Je sais gérer mon temps. »

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Merci pour votre appui du Programme pour la santé cardiaque des femmes