Le Dr Abhinav Sharma a quitté la Californie pour s’installer à Montréal.

Les Canadiens font face à une crise de santé : la croissance soutenue des maladies cardiovasculaires, de l’obésité et du diabète. Plusieurs d’entre nous ne bougent pas suffisamment, et, de fait, 80 pour cent de la population est physiquement inactive.

Or, un grand spécialiste en santé numérique veut maintenant que les choses changent. Ce mois-ci, le Dr Abhinav Sharma a quitté la Californie pour s’installer à Montréal, afin de nous aider à lancer une nouvelle plaque tournante de santé numérique au Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

En tant que l’un des principaux hôpitaux de recherche du Canada, le CUSM est bien positionné pour prendre l’initiative en ce qui concerne la santé numérique du pays. La plaque tournante, qui servira de centre d’innovation numérique cardiovasculaire, va tester, valider et créer des applications de santé numérique afin d’alléger le fardeau occasionné par les maladies cardiovasculaires – et d’autres conditions – pour tous les Canadiens.

Né en Inde, le Dr Sharma a grandi à Hong Kong. Il a d’abord obtenu son diplôme à l’école médicale de l’université McMaster avant de parfaire ses études en médecine interne; il s’est ensuite spécialisé en cardiologie grâce à des bourses allouées par l’Université de l’Alberta, l’université Duke et plus récemment l’université Stanford. Ses intérêts de recherche clinique portent sur le croisement du diabète et de l’insuffisance cardiaque. Cependant, ce que ce passionné de planche à neige aimerait vraiment faire est tout simple : il veut que les Canadiens soient en meilleure santé en bougeant plus.

« Bon nombre d’entre nous ne font pas suffisamment d’exercice, selon le Dr Sharma, l’hiver, surtout. Beaucoup de gens se lèvent, prennent la voiture pour se rendre au travail et revenir ensuite à la maison. Ils font peut-être du ski une fois par année. Si vous pensez à la vie quotidienne d’une personne, elle ne bouge pas tellement. Que pourrions-nous faire pour renverser cette situation ? »

L’objectif du Dr Sharma vise à transformer notre santé. À Stanford, l’incorrigible « perturbateur de l’industrie » travaillait sur un programme appelé My Heart Counts Cardiovascular Study, une collaboration entre l’université et Apple. Près de 60 000 Américains ont pris part à un essai randomisé et ont tous téléchargé l’application sur leur téléphone. L’équipe du programme My Heart Counts a colligé les données sur l’état de santé, l’activité physique et les symptômes de chacun. Dans le cadre de son nouveau rôle au CUSM, le Dr Sharma prévoit inaugurer le programme My Heart Counts Canada .

« En plus de parler de vos activités physiques avec votre médecin de famille, ce que vous devriez encore faire, imaginez une application sur votre téléphone ou votre montre qui vous incite à être plus actif, explique-t-il. Imaginez maintenant le lancement de l’appli à la grandeur du pays. Nous pourrions atteindre beaucoup plus de gens et promouvoir davantage l’activité physique et d’autres comportements sains. »

C’est une initiative de grande portée, du genre qui pourrait révolutionner notre façon de rechercher et de gérer nos soins, mais le Dr Sharma s’empresse d’affirmer que la santé numérique n’est pas qu’une application mobile. Elle inclut les articles vestimentaires et même les appareils et algorithmes informatiques – tous les outils susceptibles de nous aider à trouver des soins et des traitements optimaux pour les patients. La santé numérique comporte également des implications intéressantes pour le suivi à distance des patients qui ont du mal à se rendre à une clinique, au bureau du médecin, ou qui vivent dans des collectivités de certaines régions du pays privées de médecin résidant.

Le Dr Sharma est convaincu que les possibilités de la technologie pour améliorer notre santé sont presque illimitées.

« Utiliser la technologie pour cogérer les soins avec nos patients s’avère un outil idéal, dit-il. En tant que physicien, lorsque je traite un patient, je veux que ce soit une solution coopérative. Si une personne dit quoi faire à seulement une autre personne, c’est beaucoup moins efficace que si nous élaborons une stratégie commune. »