Dre Lucy Gilbert avec Marie-France Angers.

Marie-France Angers savoure les petits riens que, seules peut-être, les personnes très malades qui ont entrevu la mort peuvent véritablement apprécier. Elle aime beaucoup passer du temps dans la nature et marcher dans le bois près de son condo dans les Laurentiennes, au nord de la ville. Elle planifie méticuleusement ses excursions et voyages à l’étranger avec les siens. Elle ne dort plus avec un cellulaire à son chevet et ne travaille plus 70 heures par semaine.

« Nous vivons assurément dans un monde beaucoup trop stressant », dit Marie-France lors de notre entrevue aux bureaux de la Fondation du Centre universitaire de santé McGill, entre ses rendez-vous médicaux sur le site Glen. « La vie est un don tellement précieux. Nous devons profiter de chaque instant. »

Il y a deux ans, Marie-France a été diagnostiquée avec un cancer de l’ovaire métastatique au stade quatre. Elle n’avait que 57 ans.

Au moment de son diagnostic, elle ne présentait aucun symptôme évident, aussi fut-elle très surprise d’apprendre qu’elle avait le cancer. Une radiographie montrait du liquide dans ses poumons et, une fois ce liquide évacué – plus de trois litres –, l’avide nageuse pouvait à peine marcher ou parler.

« Le jour où l’on vous dit que c’est peut-être la fin, vous commencez à vivre intensément chaque moment, dit-elle. Ce que j’ai vraiment appris de cette expérience, c’est que la vie a tellement plus à t’offrir que le travail et une carrière. »

Marie-France se souvient encore à quel point elle se sentait pleine d’espoir lorsqu’on l’a dirigée vers Dre Lucy Gilbert, directrice de la division Gynécologie-Oncologie du CUSM. Dre Gilbert a pratiqué sur elle une intervention de six heures et prescrit des traitements bimensuels de chimiothérapie par intraveineuse avant de l’admettre dans un essai clinique en janvier 2018. Aujourd’hui, vivant sans cancer depuis près de 18 mois, Marie-France éprouve une profonde gratitude à l’égard des professionnels de la santé qui ont pris soin d’elle.

« Tout au long de ces années difficiles, je dois cependant admettre que, n’eût été la compétence du Dre Gilbert et de son équipe, je ne serais certainement pas ici. Je serais probablement morte en quelques mois, poursuit-elle. Je ne pense pas que j’aurais vu Noël 2017, je vis donc maintenant en sursis et c’est tellement précieux. »

Comme beaucoup des autres patientes, Marie-France est devenue une ambassadrice du Dre Gilbert et du travail qu’elle accomplit au CUSM pour sauver la vie des femmes. Cette patiente reconnaissante veut plaider en faveur de toutes les femmes pour qu’elles bénéficient du projet DOvEE, un test qui favorise le diagnostic précoce des cancers de l’ovaire et de l’endomètre.

On estime à 7 300 le nombre de Canadiennes qui, chaque année, apprennent qu’elles sont atteintes du cancer de l’endomètre et plus de 1 200 d’entre elles succomberont à la maladie. Moins fréquent, le cancer de l’ovaire est beaucoup plus mortel : il affecte plus de 2 800 femmes et 1 800 patientes en meurent annuellement au Canada.

« L’idée que rien de plus ne soit fait m’afflige profondément, dit Marie-France. On ne peut s’attendre à ce que Dre Gilbert et son équipe soient les seules engagées dans ce combat. Je comprends qu’il existe plusieurs types de cancers, mais celui-ci est vraiment affligeant. La plupart du temps, le diagnostic tombe trop tard et il ne devrait pas en être ainsi. Il faut trouver un moyen d’acquérir suffisamment de visibilité pour que toutes les femmes puissent obtenir un diagnostic précoce. »

Dre Gilbert et ses collègues ont reçu le prix du public Québec Science Découverte de l’année 2018 pour leur travail sur la détection précoce des cancers de l’ovaire et de l’endomètre.

Pour en savoir davantage, visitez le site : fondationcusm.com/projets-en-cours/dovee/

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