Les femmes leaders en philantropie

Ce que Julie Quenneville, présidente de la Fondation du CUSM, aimerait que les jeunes femmes sachent

On me demande souvent comment je fais pour mener des campagnes de plusieurs millions de dollars. En réalité, collecter des fonds implique bien plus que le simple fait d’en demander. Pour être capable de s’asseoir à table avec un individu ou un comité et tenter de les convaincre de donner plusieurs millions de dollars, il faut sans aucun doute avoir de l’assurance et une bonne connaissance de soi. En tant que femme, cela peut représenter un immense défi, d’autant plus que je suis souvent beaucoup plus jeune que les personnes avec qui je dois discuter. Dans le cadre de mes fonctions en tant que présidente de la Fondation du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), j’ai cultivé des compétences que je ne m’attendais pas à développer. Aujourd’hui, mon travail exige que je sois forte, audacieuse et sereine. Je ne dois pas détourner le regard : je dois être inflexible.

J’ai commencé ma carrière en journalisme et je me suis ensuite orientée vers la politique provinciale. En peu de temps, j’ai été promue au poste de directrice associée du cabinet et conseillère politique du ministre de la Santé de l’époque. En 2005, j’ai intégré la direction du CUSM et ma spécialité en développement stratégique et en marketing dans le domaine de la santé a véritablement pris son envol.

Le travail en milieu hospitalier est certainement unique. En me rendant simplement à une réunion, je croise des patients que l’on prépare pour une opération, des personnes qui viennent recevoir un diagnostic qui changera leur vie à jamais ou une jeune mère qui sort de sa toute dernière séance de chimiothérapie. L’omniprésence de ces grands drames humains constitue la toile de fond de mon travail, et me rappelle incessamment pourquoi je vise l’excellence jour après jour.

Je suis fière de faire partie des lauréats du Top 100. En apprenant que j’avais été sélectionnée, j’ai d’abord été surprise, mais je me suis donné un petit moment pour ressentir pleinement le pouvoir qui accompagne une telle reconnaissance. Au cours de ma carrière et de ma vie, il m’est arrivé à l’occasion de me sentir impuissante. Par conséquent, être considérée comme l’une des 100 femmes les plus influentes du pays est plus que rassurant.

Faire avancer la condition féminine ensemble

Mais ce n’est pas pour moi que mon pouls s’accélère et je me redresse un tant soit peu, c’est surtout pour les femmes que je côtoie chaque jour, les femmes que je croise en allant au bureau, mes amies, ma fille, ma mère. Cette réalisation, cette distinction, c’est pour nous toutes.

Parce qu’ensemble, nous sommes plus fortes.

Les entreprises dirigées par des femmes promeuvent plus souvent des femmes aux postes de direction. Lorsque des femmes siègent aux conseils d’administration de sociétés, elles amènent une diversité d’opinion et de perspective qui manquait auparavant. Quand des femmes se portent candidates à une charge publique, les femmes sont plus nombreuses à voter et les jeunes filles s’imaginent devenir leaders elles-mêmes.

Share This